Scooter PIPPO de Monsieur LEPICARD

Publié le par gael calvo

Je tiens ici à remercier Roland pour le prêt  de sa collection d'une revue parue dans les années 80.

Nommée CARENAGE, elle s'adressait aux vrais amateurs de scooters de toutes les époques.
Sous la plume de monsieur Jean GOYARD, c'est une véritable Bible. D'ailleurs il en fit un livre intitulé  Tout les scooters du monde  avec Monsieur  Dominique PASCAL. Une mine de renseignements justes qui a le mérite de nous réjouir aujourd'hui. Je tire ma révérence à tous ces sauveurs du patrimoine (anecdotique pour certains), qui ne salissent pas la mémoire des constructeurs farfelus de ces années 50/60.
 
Voici donc Le PIPPO.... (tiré du Numéro 9 de cette revue)
 

Monsieur Etienne Lepicard, né en 1891 en Seine-Maritime et ancien élève des Arts et Métiers de Reims, est donc l’auteur de ce projet de 1954. Il fut entre autre chef de service course chez les Automobiles DONNET à Nanterre, Directeur technique aux Automobiles DERBY à Courbevoie. Il réalisa multiple amélioration sur les moteurs, transmissions, admissions, boîte de vitesses et carburateurs pour des marques tel que Citroën, Sérouge, Dell’Orto, Hémy et Vito. Il a possédé plusieurs bureaux d’études durant sa vie ce qui nous situe bien l’homme et la diversité de sa compétence.


Le scooter PIPPO est donc un petit véhicule démocratique dont le prix, s’il avait été produit en série, n’aurait guère dépassé celui d’un cyclo de luxe.

Le cadre est constitué d’un tube central de fort diamètre formant un simple berceau supportant le siège, la fourche avant et la fourche arrière triangulée en deux parties.

Le système de suspension est identique pour les roues avant et arrière : éléments coulissants contrôlés par un ressort supérieur assurant la suspension et par un ressort inférieur, freinant le rebond, jouant le rôle d’amortisseur, bien qu’à l’origine la suspension devait être réalisée par ressorts et bloc de caoutchouc.

Les roues rayonnées sont équipées de pneus de 3X8’’.

Les deux réservoirs d’essence, de deux litres chacun, sont placés sous le siège en « mousse de vinyle » également recouverte, un emplacement pour l’outillage trouvant place entre eux.

 







Le moteur est porté par un berceau coulissant permettant le réglage de la tension de chaîne. Deux panneaux grillagés s’ouvrant permettent le refroidissement du moteur, malgré un important tablier s’arrêtant à hauteur du guidon. Celui-ci  ne comporte que deux poignées tournantes : celle de droite commande le carburateur, celle de gauche les deux vitesses ‘auto synchronisées’ à embrayage et débrayage automatiques.


Le moteur est un SER 65cm3 (comme pour le sulky RSI, AGF, Mercier, Arliguie, etc.).

Les freins sont commandés simultanément par une pédale émergeant au centre du plancher-tablier.

Une béquille centrale assure la stabilité du Pippo à l’arrêt.

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Le scooter Pippo fut donc étudié et réalisé en 1954 par M. Lepicard et un de ses anciens employé et collaborateur qui, de retour d’Afrique et libre de tout emploi, participa activement aux prototypes. Le commanditaire était le directeur d’une grosse imprimerie parisienne qui réalisait des périodiques très connus à l’époque. Son épouse, d’origine italienne, le baptisa du nom de leur fils, Pippo.

Courant septembre octobre 1955, une présérie de dix exemplaires est construite et, en fin d’année, une présentation « officielle » a lieu, devant le commanditaire, son épouse et leurs amis. Devant les résultats heureux de cette présentation, un local est loué à Courbevoie et une SARL PIPPO est fondée au 19 de la rue de l’Industrie. L’atelier est monté, une chaîne de montage prête à fonctionner, les outillages installés. Mais la décision ne vient pas…

Le commanditaire s’étant désisté, il trouva un industriel du Nord possesseur d’une fabrique de textiles, désirant se reconvertir. Là aussi, la décision se fit attendre et, début 1956, le projet fut définitivement abandonné.

 

Rappelons ici que Monsieur Eric Lepicard, qui est à l’origine de cet article dans Carénage, est président du club de la marque Donnet – Zédel.

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Commenter cet article

gael60 26/04/2008 23:22

le prochain est terriblevous allez pleurer

brebisson 26/04/2008 18:04

Quel lyrisme cette introduction! mais que c'est bien dit et bien vrai

Don 23/04/2008 21:31

Euh, Gaël, tu es prof de français, c'est bien ça hein ?! Hum.....Bon je te pardonne vu les merveilles que tu nous montres !

philippe devant 22/04/2008 22:38

si tu fouilles bien dans carénage tu trouveras un petit truc sur le delaplace.... je te dis pas non a quelques petits scans de ceux que tu as.....le fifi